Dimanche 30 septembre 2007
Tout bascule, tout bouscule, tout chavire. La réalité que l’on souhaiterait stable ne cesse de se dérober à nos yeux, sous nos pieds… Que faire pour l’empêcher de valser en tous
sens, de se disperser à tout vent ? Faut-il l’enchaîner de force, l’ancrer par des subterfuges que la ruse nous suggère, ou bien la persuader, voire la séduire par des promesses impossibles à
tenir ?
Rien de tout cela, bien sûr, au risque de la rendre plus délétère encore. Il faut accepter de s’envoler avec elle vers l’inconnu, de prendre le large sans boussole ni compas, avec
le soleil et la lune pour seuls guides, quand le ciel n’est pas habité de nuages… Il ne faut pas résister mais se laisser porter, faire confiance à ces forces qui nous dépassent et qui mènent la
course du temps comme celle des nuées. Qu’ont-elles à faire de nos petits soucis ? Le ciel sera toujours bleu quand nous seront partis…
Lâcher prise, s’abandonner aux mains du monde, est sans doute le meilleur moyen de se rapprocher de la terre stable et de la nature aux cycles rassurants, mais c’est aussi la plus
dure des contraintes pour nos esprits de citadins pressés. L’absence de maîtrise, simple et terrible.
Comme le repos auquel on
aspire et que l’on ne s’offre jamais, pour de mauvaises raisons.
Mercredi 26 septembre 2007
Souffle puissant venu de l’Ouest, des étendues
marines au-delà des collines. Il rugit de sommet en vallons, emportant sur son passage feuilles et sable qui giflent l’herbe rase. Il s’emporte, s’enroule, colère accumulée puis relâchée. Il
déferle en une vague furieuse jusque vers le ruban de peupliers qui partage la large vallée en deux pans de champs bien ordonnés.
Du sommet de l’un deux, enlacé au fût de l’arbre élancé, Telennael contemple avec curiosité le jeux de l’eau claire de la rivière. Il reste au loin, porté par la complicité des branches
souples, mais il sent bien que cet univers liquide est lié au sien de manière inéluctable, et que son altérité recèle des possibilités futures.
Et soudain, voilà le souffle qui le frappe d’une large gifle sur tout le corps. Absordé par son observation, il ne l’a pas senti venir et, surpris et déstabilisé, il relâche un instant sa
prise sur le tronc. Il lui suffit néanmoins d’un instant suspendu pour reprendre sa maîtrise. Une grande fureur monte en lui de cet incident venu perturber sa félicité tranquille et il stoppe
net le souffle qui déjà partait au loin. Tendu comme un arc, les bras levés vers le ciel, il retient la force du courant aérien. Puissance contre puissance, il impose sa volonté et dompte le
souffle venu de l’Ouest. Il rayonne un moment de cette énergie absorbée qui lui dresse les cheveux sur la tête, puis revient doucement vers le peuplier, porté par une brise calmée.
Là, il reporte son attention vers le chant des feuilles dans le vent, délaissant la sinuosité aquatique à ses pieds. Musique légère qui le berce, l’enivre même. Doux bruissement dont il ne
saurait se lasser et qui l’emporte vers des hauteurs intérieures. Une main fermement ancré au tronc, l’autre baignant dans le flux frais du vent, il savoure ce moment où tout est en
équilibre.
Dimanche 16 septembre 2007
L'écran blanc, même pas blanc. La page, elle, est vraiment blanche, vierge. L'écran est déjà empli de signes, d'images, seul demeure un petit carré blanc où inscrire les lettres, les signes sacrés où s'incarne l'inspiration. Ce n'est pas plus simple d'écrire sur un clavier qu'avec un stylo, c'est plus juste plus bruyant. Du moins avec mon clavier... C'est moins sensuel en tout cas, je pense que vous serez d'accord avec moi sur ce point.
Le temps retrouvé se savoure avec délice. Le sommeil de l'enfant est un vrai bonheur, le calme, deux fois par jour, pour une heure au moins ! Il faut vraiment savoir en profiter... La seule difficulté, c'est que l'envie de mots ne se planifie pas. Je me demande cependant si ce n'est pas comme un muscle, si, pour une part au moins, ce n'est pas en écrivant que l'inspiration revient. Qu'en est-il pour vous ?
Dimanche 16 septembre 2007
Petite souris grignote, grignote.
Petite souris grignote le temps.
Petit bouchon complote, complote.
Petit bouchon complote en geignant.
Tête blonde sirote, sirote.
Tête blonde sirote ma patience.
Ah, les enfants !
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